mercredi 16 décembre 2009

Dholavira & Ajanta Caves

Me voici dans le Maharashtra, région du centre-ouest de l'Inde... J'ai passé le plus clair de mes derniers jours à voyager, notamment 32 heures non-stop entre Dholavira et Aurangabad où je suis actuellement. Depuis mon dernier message j'ai eu l'opportunité de visiter deux sites archéologiques : Dholavira, à 8h de bus de Bhuj, et les caves d'Ajanta, proches d'Aurangabad.
Dholavira est le site d'une ancienne cité de la civilisation harapéenne, datée du 3ème millénaire avant JC. Il y a encore peu (200 ans), le fleuve Indus recouvrait une grande partie du Gujarat et Dholavira était une île. Un tremblement de terre en 1819 a dévié le fleuve et laissé un désert de sel, que fatalement j'ai traversé pour me rendre à Dholavira (enfin je l'ai vu !). Je suis arrivé de nuit à Dholavira, j'ai demandé à des enfants qui m'ont conduit à travers la nuit noire jusqu'à un complexe touristique où j'étais absolument seul, l'endroit le plus paisible, le plus clean et le moins cher où je sois resté dormir jusqu'ici ! Le lendemain matin, je me suis rendu sur le site archéologique vers 8h00. La encore, j'étais tout seul. Seuls les ouvriers - femmes et hommes - qui travaillent à la restauration du lieu étaient présents. Tranquillement, les hommes cimentent les murs pierre par pierre, tandis que les femmes trimballent les cailloux et la terre superflue dans des paniers sur leurs têtes. Tout autour du site, on aperçoit au loin le désert blanc, bref une atmosphère on ne peut plus zen. La cité consiste en une citadelle (enfin ce qu'il en reste), une ville basse et une ville moyenne. La partie la plus impressionnante et la mieux restaurée est la citadelle. Un système ingénieux de gestion des eaux de pluies,
à base de réservoirs et de canaux, permettait à la citadelle d'être alimentée toute l'année. Les villes moyennes et basses quant à elles consistent en un alignement de maisons (dont il ne reste que la base) le long de rues rectilignes. Le site possède un musée, peu fourni en comparaison avec la collection harapéenne du musée de Delhi - en fait les principales pièces exposées à Delhi sont en photo à Dholavira.

Vers midi j'ai repris un bus pour Rapar, puis à 17h un bus nocturne qui m'a amené à Surat, à l'extrême Sud du Gujarat. A 7h du mat, j'ai pris un train pour Jalgaon, dans le Maharashtra, où je comptais passer la nuit avant de visiter les caves bouddhistes d'Ajanta. Le Lonely Planet indiquait 50 km entre Surat et Jalgaon. En fait le voyage à duré 12h... Le train était l'omnibus le plus lent du monde, et l'échelle du Lonely Planet était faussée. La vraie distance était de 300km. Je suis arrivé à 19h à Jalgaon, exténué. Heureusement j'ai dégoté un bon hôtel qui m'a permis de recharger les batteries :p
Ce matin donc, je me suis rendu aux caves d'Ajanta. Datées de 200 avant JC à 650 après JC, une trentaine de caves sont alignées le long d'une falaise en forme de fer à cheval, avec en contrebas une rivière. Ces caves sont dédiées à Buddha, commanditées par des notables de l'époque. L'endroit est ultra-touristique, notamment, beaucoup d'étudiants indiens viennent les visiter. Apparemment c'est les vacances en ce moment... Les caves se ressemblent toutes et sont plus ou moins travaillées, plus ou moins terminées. Deux grands types se distinguent : des caves avec une grande salle basse et carrée, entourée d'une vingtaine de piliers, et au fond, en face de l'entrée, une petite salle avec un énorme Buddha taillé dans la roche (comme tout le reste d'ailleurs) ; les autres caves sont de forme ovale, très hautes de plafond, avec au fond de l'ovale une stupa.

Les murs et les plafonds de ces salles sont couverts de peintures de l'époque, assez décrépites. Les caves, tombées progressivement à l'abandon tandis que l'hindouisme et l'islam supplantaient le buddhisme, ont été retrouvées par hasard par les Anglais au 19ème siècle lors d'une partie de chasse. Ce qui explique leur état de conservation relativement correct. Malheureusement, pas de photos des caves, c'était interdit :/ Je reste quand même un peu sur ma faim, je croyais le lieu plus impressionnant, les caves sont assez mal mises en valeur... Lors du trajet vers Aurangabad j'ai rencontré une Coréenne, étudiante en architecture, avec qui j'irai demain visiter une seconde série de caves dans un site appelé Ellora. La ville d'Aurangabad possède également un musée qui a l'air sympa :)

dimanche 13 décembre 2009

Visite de la région de Kutch en demi-teinte

A la base j'étais supposé visiter les petits villages au Nord et à l'Ouest de Bhuj en une journée, avec pour objectifs principaux de voir un monastère du 15ème siècle et le désert de sel. La veille de cette excursion, jeudi soir, un couple de Français d'une trentaine d'années m'a demandé s'il pouvait se joindre à moi. Ils étaient passés comme moi à l'office du tourisme où le bonhomme leur a dit que j'avais déjà réservé le tour, mais que si j'acceptais nous pouvions y aller à 3 et réduire ainsi les frais. Bien sûr j'ai accepté, et j'ai bien fait, car les deux sont très sympas, ont beaucoup voyagé et ont plein de choses à raconter. Eux avaient réservé pour le jour suivant, et pour visiter une autre zone. Echange de bons procédés, j'ai décidé de les accompagner vendredi, je suis donc resté deux jours au lieu d'un.

Jour 1 (jeudi) : première surprise le chauffeur du Rickshaw parle très très mal anglais, il s'avère être le frère du type de l'office de tourisme qui nous a vendus l'excursion. On crève un pneu au bout de 3 kilomètres. Après changement, il nous emmène en quelques heures et au travers de paysages arides et magnifiques au fameux monastère. On en fait le tour pendant qu'il discute avec les occupants. Le monastère est très endommagé par les tremblements de terre mais il subsiste plusieurs petits temples assez basiques voués au culte de Shiva. Autour, quelques mini-montagnes (ou grandes collines) très jolies. Le chauffeur nous propose de monter au sommet d'une d'entre elles pour apercevoir le désert, nous acceptons mais au bout de quelques centaines de mètre la nana, en tongues, abandonne : le "chemin" est une espèce d'éboulis de rochers assez gros et glissants, impossible d'aller plus loin. Je continue avec son copain et le chauffeur qui a tenu à nous accompagner, c'était vraisemblablement la première fois qu'il faisait l'ascension. Il avait des espèces de chaussures plates de ville, du coup on l'a largué très rapidement. Au sommet, un temple et un panorama très large mais peu profond pour cause de poussière. En tout cas, pas de désert de sel. Le chauffeur arrive une demie-heure plus tard tout en sueur. En bas, nous l'avons attendus une heure sur les marches du monastère... Il commençait à se faire tard, et on était encore censés visiter des villages d'artisans. Nous n'en avons visité qu'un seul, où de sympathiques Indiens nous ont déballé toute leur camelote, des pièces de tissus, de bois et de cuivre. Franchement beaucoup de bibelots mal finis à des prix élevés... Poliment nous avons tout regardé, acheté quelques trucs (une clochette cabossée en ce qui me concerne, super !). Nous sommes rentrés de nuit, sans phares sachant que la route est pleine de nids-de-poule et que les vaches peuvent se trouver n'importe où sur la route... Inquiétant.

Jour 2 (vendredi) : cette fois-ci nous n'étions que 2, Carmen ayant choisi de rester tranquille à Bhuj, fatiguée des 6 heures de rickshaw de la veille. Nous sommes passés à la police de Bhuj où les officiers ont un peu halluciné de me voir revenir. J'ai ajouté les villages que je n'avais pas prévu de visiter à la base et mon compagnon a fait faire son propre permis. Notez que j'ai bien refait préciser au chauffeur qu'aujourd'hui je voulais voir ce satané désert de sel, et sur ses indications, j'ai choisi les villages qu'il m'indiquait où on pourrait voir le désert. Au bout de 3 heures de rickshaw, la végétation commence à se faire très rare mais le sol est toujours un mélange de sable et de terre. On arrive dans un campement en déconstruction, visiblement le site avait hébergé un festival quelques jours plus tôt. Le chauffeur demande son chemin plusieurs fois (comme la veille d'ailleurs). Il fait 500 mètres sur une route en terre et fait demi-tour. Je lui demande "alors ce désert il est où ? Qu'est-ce qu'il y a à voir ici ?", il me fait comprendre qu'il n'en sais rien du tout. Je demande aux flics postés pas très loin, à l'entrée de la zone du festival, ils me disent qu'à cet endroit il est impossible d'accéder au désert, c'est interdit aux touristes et mêmes aux Indiens (on est à quelques km du Pakistan), rien à faire on ne peut pas y aller. Je demande à notre chauffeur c'est quoi ce travail, il me dit en gros "c'est vos roupees, je ne suis que le chauffeur, je connais pas, c'est vous qui avez écrit le nom des villages sur le papier pas moi". Grrrr. On fait demi-tour, on décide d'aller voir quand même quelques villages avant de rentrer. Dans un des villages, après avoir vu les mêmes babioles que la veille, le rickshaw tombe en panne. On propose de pousser pour le faire démarrer, le chauffeur nous dit "nan nan pas la peine". Il trifouille son moteur pendant 1/2 heure en plein soleil, rien à faire ça ne démarre pas. Au final il nous dit de nous asseoir et fait pousser le rickshaw par les enfants du village, et l'engin démarre... Sur le chemin du retour, il a du se dire qu'il n'allait pas avoir son argent, il s'arrête près d'un lac (il fait déjà nuit noire) et nous fait marcher un peu au hasard, en direction du lac, baragouine 2-3 trucs pseudo-historiques sur le lac et on repart.

Bilan de la journée : pas de désert de sel, un village visité avec le même artisanat que la veille, beaucoup de kilomètres. Heureusement la balade en rickshaw à travers les paysages est toujours agréable, et mon compagnon bavard et joyeux. Le ridicule de la situation et l'incompétence du gars nous ont fait bien nous marrer plus qu'autre chose. Mais la visite d'une région avec un type qui n'y connait rien, qui demande son chemin toutes les 10 minutes et qui nous emmène dans des endroits où il n'y a rien à voir, c'est quand même pas l'idéal ^^

Pour la visite du site de Dholavira, je vérifierai avant de payer que le guide sait de quoi il parle et maitrise l'Anglais :p Sinon, très content d'avoir rencontré ces deux bourlingueurs qui m'ont donné plein de nouvelles idées de voyage :)

jeudi 10 décembre 2009

Soirée à Mokhana et visite de Bhuj (la suite)

De retour en un seul morceau du petit village de Mokhana, où un Indien m'avait invité à diner et passer la nuit ! C'était une super expérience. Censé au départ y aller en bus, j'ai finalement pris un rickshaw sur 40 km (un seul bus par jour)... Le chauffeur a dû demander plusieurs fois aux passants la direction du village, et ça l'amusait visiblement qu'un touriste aille dans un endroit aussi paumé. J'avais passé un coup de fil à Rupa, mon hôte, avant de partir de Bhuj, et tout un comité m'attendait à Mokhana. Sans plus attendre nous sommes allés dans sa maison de deux pièces prendre le thé. Ladite maison a été financée et construite par une ONG indienne suite au tremblement de terre de 2001, qui a fait plusieurs victimes dans la famille de Rupa. Ses deux garçons rentraient tout juste de l'école, il m'a présenté ses parents, son père s'est joint à nous pour le thé. L'anglais de Rupa étant approximatif, on mettait du temps à se comprendre mais au final les discussions étaient possibles (amis des photos kitsch bonsoir).
Rupa m'a montré le travail de sa femme (et de sa mère, et de toutes les femmes du village), des pièces de tissu style patchwork avec des petits bouts de miroirs collés un peu partout. J'en mettrais pas chez moi, mais c'était du travail très minutieux. Au bout d'un moment j'ai compris qu'on ne dinerait pas à la maison, il avait prévu une petite fête à quelques kilomètres de là, en bordure d'un champ à l'écart de toute habitation. Nous y sommes arrivés peu avant la tombée de la nuit, 2 au départ, 15 à la fin. Super sympas, ses potes essayaient de me poser des questions sur la France, sur les raisons de mon voyage, me demandant tout le temps si je me sentais bien etc... Tout le monde s'est mis à cuisiner, certains avaient ramenés des légumes, d'autres un peu de mouton, des ustensiles de cuisine, il y eût une mission bois pour entretenir le feu de camp, tout ceci dans la bonne humeur. Après le diner, nous sommes rentrés au village prendre à nouveau le thé, vers 22h, dans le 6ème temple du village en construction (6 temples pour 1200 habitants). Rupa m'expliquait fièrement que son père avait fait les plans. Il m'a tout expliqué, le budget, la provenance des matériaux, les délais... Le temple sera inauguré dans 2 mois et je suis chaudement invité à participer à cette fête ! vers 23h tout le monde est rentré chez soi, j'ai dormi dans le lit de Rupa, lui sur un lit de camp à côté de moi, sa femme et ses deux enfants sur un autre lit dans la pièce à côté. Impossible de négocier que je dorme moi sur le lit de camp ou par terre, les invités sont les invités.

Le matin, réveil à 7h, thé, puis Rupa m'a emmené en moto jusqu'à une route un peu plus importante où j'ai pu prendre un taxi partagé (5 par banquette, ultra serrés mais rigolo). Ce passage à Mokhana fut donc un moment très sympa. Pour le côté un peu moins fun, Rupa m'a répété un grand nombre de fois que sa famille et son village étaient ultra pauvres, qu'il fallait que je l'aide à obtenir un visa, que je lui envoie des cadeaux et ainsi de suite. Ensuite il parlait de m'accompagner - à mes frais - dans la suite de mon voyage, à la fin ça devenait un peu lourdingue. J'avais pourtant ramené quelques présents à ses enfants et j'ai participé à l'achat de la bouffe pour la soirée. C'est sûr qu'avec ses 5000 roupies (75 euros) par mois pour nourrir la famille, payer quelques heures de cours par semaine à son fils en sus de l'école gouvernementale, et participer aux frais du temple, il lui reste pas grand chose :/

Aujourd'hui comme prévu je suis allé voir les flics pour récupérer un permis de visiter certains villages autour de Bhuj, mon activité de demain et après-demain. J'ai listé les villages que je voulais visiter, et, contrairement à ce que prétendait le Lonely Planet, pas besoin de permis pour ces villages. Pour pas être venu pour rien et avoir un joli papier j'ai ajouté un village nécessitant permis et j'ai obtenu le sésame inutile :D J'ai passé le reste de l'aprem à errer dans Bhuj, un temple par-ci, un musée par-là, pour finir par le palais/résidence du maharaja décédé en 1991. Les maharajas du coin ont décidément beaucoup de palais. Belle salle de séjour, multiples trophées de chasse et argenterie offerte par des dirigeants des 4 coins du monde, à diverses occasions. Le maharaja de Kutch (région de Bhuj) fut notamment ambassadeur en Norvège. De grands et beaux jardins donnant sur le grand réservoir du centre de Bhuj entourent la demeure. Ici encore, une partie des bâtiments a été détruite par le tremblement de terre...
Demain donc, journée Rickshaw et visite de villages, je devrais voir pas mal de choses étonnantes :)

mercredi 9 décembre 2009

Bhuj et son palais fantomatique

Posé dans un hôtel au personnel on ne peut plus avenant, je me réjouis d'avance des quelques jours que je vais passer à Bhuj et sa région, au Nord-Ouest du Gujarat. Cette zone est connue pour ses villages tribaux aux multiples artisanats, ses étendues désertiques et ses ruines de la civilisation harapéenne (vers -3000 avant JC).

La ville m'a plus d'entrée, en approchant on voit de loin des remparts courir le long d'une crête de colline. Autour, des plaines arides rocailleuses. La route entre Rajkot et Bhuj passe par une zone de marais salants sur la mer d'Arabie, ça n'a peut-être pas le charme de Guérande mais c'est 1000 fois plus vaste, une vraie industrie au Gujarat ! Et en plus des hérons, des flamands errent dans les marais. Dans le bus, j'ai discuté -entre autres- avec un papa de 35 ans, technicien dans une aciérie à l'Est de Bhuj. Il est descendu avant moi mais m'a fait promettre de venir diner et passer la nuit dans son village, ce que je ferai avec plaisir ce soir si j'arrive à trouver le bus qui mène chez lui.

Mon programme est chargé, les villages aux alentours de Bhuj sont nombreux, les bus y menant rares, il va donc falloir que je ruse pour faire tout ce que je veux sans perdre trop de temps. Vendredi, j'ai prévu une journée de rickshaw à travers les villages, à l'ouest et au nord de Bhuj. Le guide me fera faire le tour des artisants avec en prime quelques beaux paysages et monastères. Samedi, je compte me rendre sur le site archéologique de Dholavira, loin, très loin en bus (8h), mais cet endroit - et cette civilisation - m'intriguent depuis que j'ai visité le National Museum de Delhi. Il faut un permis pour visiter ces sites, une de mes missions de demain sera d'aller le récupérer à la police de Bhuj.
Ce matin j'ai visité deux palais peu éloignés de mon hôtel, à moitié en ruines depuis le tremblement de terre de 2001 qui a tué 1/10ème de la population. Le premier date du 19ème siècle, l'ambiance y est vraiment spéciale et nostalgique : aucun visiteur, de la poussière, des salles sombres et hautes de plafond, des chandeliers cassés, portraits du maharaja et trophées de chasse en état de décomposition avancé. Les pigeons ont colonisé le lieu. Les plafonds menacent de s'effondrer. La pièce principale, hall de réception, est gigantesque, en son centre de vieux fauteuils, des félins empaillés dans des cages de verre dans les coins, des statues et des petites fresques sur tous les murs, très prenant, un bon vieux plan trappeur pour Cam :)

Le deuxième palais est transformé en musée, il date du 18ème siècle mais je l'ai trouvé moins intéressant, plus conventionnel, et les objets exposés sont mal mis en valeur, juxtaposés sans information comme dans une brocante. Par contre le conservateur dirige aussi l'office de tourisme. Il m'a donné plein d'infos utiles sur Bhuj et expliqué comment me rendre aux divers endroits que j'ai choisis de visiter. Y'a plus qu'à !

lundi 7 décembre 2009

Girnar Hill & Zoo de Junagadh

Me voilà de retour du zoo de Junagadh, une expérience intéressante et reposante après l'ascension de la montagne de Girnar, à 3 kilomètres de Junagadh. Le zoo s'est révélé très bien tenu, bien agencé, fourni en animaux divers (oiseaux, reptiles, loups etc...) et notamment en grands félins : léopards, tigres et lions asiatiques tels que celui que j'ai vu à Sasan Gir. Le zoo présente aussi quelques ours noirs et paresseux. Il est divisé en deux parties, l'ancien et le nouveau zoo. Le nouveau se visite en bus, on y retrouve les animaux du vieux zoo mais dans des espaces beaucoup plus grands. Ceux de l'ancien zoo sont propres mais vraiment trop petits, les animaux ont l'air de psychoter dedans, tournent en rond, bref ils ont pas l'air bien. Le chauffeur du bus m'a expliqué qu'ils interchangeaient régulièrement les animaux de l'ancien et du nouveau zoo pour le bien être des animaux... Comme toujours - spécialement dans cet état moins visité que le Rajasthan - je faisais moi aussi office d'animal rare auprès des autres visiteurs du zoo, toujours aussi intrigués par la présence d'un blanc dans le coin...

Comme prévu j'ai attaqué ce matin les 10000 marches qui mènent à l'ultime temple Hindou tout en haut de la montagne, après 15 minutes de rickshaw. Ici aussi, la foule était très nombreuse, avec plusieurs groupes d'écoliers. Je commençais à déprimer autour de 4500 marches, quand j'ai aperçu les temples Jain qui étaient censés être aux deux-tiers de l'ascension, selon le Lonely Planet. En fait, l'escalier où le rickshaw m'a déposé débutait vers la 3000ème marche, du coup il n'y avait que 7000 marches à parcourir. Ben je peux vous dire que ca m'a fait un bien fou de l'apprendre :p

Les temples disposés le long du chemin, quelques temples Jain donc mais surtout des temples Hindous, étaient relativement quelconques. Le chemin était quant à lui superbe, une portion de forêt au début, puis un chemin à flanc de falaise et enfin l'escalade d'une crête de montagne menant au dernier temple, dédié au trio Brahma-Vishnu-Shiva. Pas mal de mendiants sur les marches, énormément de stands de boissons/chips/images saintes, et comme à Palitana les chaises à porteur. Des singes ont essayé de me piquer mes biscuits vers la 2000ème marche, j'ai du faire le méchant pour les faire fuir... Après ces efforts, je suis retourné en ville déjeûner, je suis passé à la station de train réserver mon billet pour demain, et enfin, le zoo. Pas besoin de préciser que je suis bien claqué ce soir, je pense que je vais rapidement sombrer dans le sommeil :)

dimanche 6 décembre 2009

Enfin, le Lion !

En fait il n'y avait pas de tigres dans la réserve naturelle de Gir, mais bien des lions Asiatiques, au nombre de 359 (contre 20 seulement au début du 20ème, époque où la chasse en a été interdite). Et, ô miracle, j'ai eu la chance d'en voir un ce matin, vers 7h30, et un beau, un mâle tranquillement installé au bord d'un chemin de jeep. Je posterai une photo dès qu'on m'en enverra, je n'avais pas mon appareil pendant le safari (prix démesuré...), mais un couple d'Américains m'a promis quelques clichés du monstre :) Le parc était moins chargé en véhicules que celui de Ranthambhore, donc plus paisible, et tout aussi magique au petit matin. A peu près les mêmes animaux : paons, cerfs en pagaille, cochons sauvages, et un élevage de crocos juste à côté de la réserve.

Après cette petite séance de jungle, j'ai mis le cap sur Junagadh d'où j'écris ce message. C'est une petite ville assez jolie, quelques plans d'eau et des avenues avec des arbres, un fort et une colline avec comme d'habitude des temples Jain et Hindous à son sommet. Cette fois-ci, ce sont 10 000 marches qui m'attendent, je m'y attellerai -je pense- demain matin. Dans la foulée je pense faire un petit tour au zoo, voir à quoi ça ressemble un zoo indien.

En attendant, je cours à l'hôtel faire une sieste bien méritée :) (ou pas...)

jeudi 3 décembre 2009

Diu - Playa et repos

Ça fait maintenant 2 jours que je suis à Diu, enfin 3 si on compte aujourd'hui, journée passée au lit. Hier soir j'ai voulu tester le poisson au restaurant, il avait pourtant l'air frais ce poisson, d'ailleurs il était bon, mais mon estomac n'a pas apprécié, et rebelote, maux de tête et tout ce qui va avec... Si tout se passe bien demain je devrais être à nouveau sur pieds, j'en profiterai pour retourner à la plage.

Des plages, ce n'est pas ce qui manque ici : Diu est une presqu'ile, capturée par les Portugais au 16ème siècle, cédée peu après à ces derniers par le Sultan du Gujarat, et enfin réintégrée à l'Inde à partir de 1961. Du coup ici tous les restaurants et les hôtels ont des noms portugais, j'ai d'ailleurs rencontré des Indiens qui ne voulaient pas démordre qu'ils étaient Portugais... Les maisons sont basses, la petite ville est charmante mais il faut reconnaître qu'à part se promener le long des plages et manger, il n'y a pas grand chose à faire. Les Portugais ont tout de même laissé quelques églises et des remparts, partiellement en ruines. Les rues sont très calmes, peu de circulation, et on voit à l'état des routes et des demeures que l'endroit est riche. Étonnamment peu de touristes, encore une fois.

Il va sans dire qu'il fait toujours aussi beau, la température avoisine les 32° en milieu d'après-midi. Les restaurants et les magasins ferment pendant les heures les plus chaudes de la journée. Je vais rester encore deux nuits ici le temps de me remettre, et je continuerai mon tour du Gujarat en enchaînant sur une réserve naturelle non loin de Diu, à l'intérieur des terres, espérant enfin le voir, ce tigre ! En attendant, ma mission de ce soir, arriver à manger un truc !