dimanche 21 mars 2010

Ma tournée coréenne s'est terminée par la visite des villes de Jeonju et Gongju (oui beaucoup de villes coréennes se terminent en -Ju). J'ai bien apprécié Jeonju, c'est une ville importante de 650 000 habitants qui présente le double intérêt d'être un haut-lieu de la cuisine coréenne et l'ancienne capitale spirituelle de la dynastie Joseon (cette même dynastie qui a créé le grand palais à Séoul). Une partie de la ville, dite village Hanok, comporte des bâtiments royaux, une belle église du XXème, des musées, et environ 800 de ces maisons traditionnelles appelées Hanok. S'y promener est très agréable, les rues sont calmes, certaines bordées de ruisseaux, et il y a des expositions et galeries d'art tous les 10 mètres. En ce qui concerne la cuisine, je me suis permis quelques bibimbap de Jeonju (30 ingrédients) et un mémorable Bulgogi, barbecue de bœuf mariné.

Je ne m'attarderai moins sur la seconde ville, Gongju. On y trouve quelques tombes royales, notamment celle de Muryeong, roi de Paekche vers l'an 500 (Paekche étant l'un des fameux trois royaumes du premier millénaire). Impossible cependant de les visiter, par contre un musée juste à côté en propose une reconstitution et expose quelque-uns des objets retrouvés à l'intérieur (bijoux, statues...). Le lieu où sont situées les vraies tombes ressemble à un parcours de golf, on ne peut rien y voir de particulier, toutes les entrées étant fermées. Gongju possèderait également un temple que je n'ai pas eu le temps de visiter :/ Il faut dire que j'ai perdu pas mal de temps dans les correspondances de bus ces derniers jours, le service étant réduit au minimum dans cette région.

De retour à Séoul, j'ai passé mes derniers jours à visiter le quartier d'Insadong, composé de petites ruelles tortueuses avec salons de thé, restaurants traditionnels et antiquaires en nombre. Un superbe palais, le Changdeokgung, borde Insadong. Il faisait office de palais secondaire au début de la dynastie Joseon et a pris de l'importance au fur et à mesure des siècles. Son style est très similaire au premier palais visité, le Gyeongbokgung. Je l'ai admiré au cours d'une visite guidée d'1h et demie qui présentait les nombreux quartiers du roi et des courtisans, les imposants portails et surtout le magnifique jardin secret avec ses plans d'eaux.

Je suis aussi monté à la Séoul Tower, à une petite demie-heure de chez Magali. J'y ai retrouvé mes nounours de la relève de la garde, qui décidément me suivent partout ! La tour en elle-même est plutôt moche, mais la vue sur Séoul à 360 degrés y est superbe. Sur les grilles bordant l'une des plateformes d'observation, des milliers de cadenas d'amour assortis de mots doux ont été accrochés symboliquement par des couples, comme sur le Pont des Arts. Hier Mag et moi avons assisté à un petit spectacle hebdomadaire de danse et musique traditionnel au Séoul Art Center, après quoi nous avons dignement fêté ces trois semaines dans les bars du quartier de Hongik.

Me voilà arrivé à Tokyo, la guesthouse est super (bon je sens que je vais entendre ronfler mes compagnons de dortoir cette nuit, mais sinon c'est propre, équipé, bien situé). J'ai fait un premier petit tour de reconnaissance au quartier d'Asakusa, ça a vraiment l'air sympa et très vivant. Il faut dire qu'après un repas au saumon et rillettes de thon dans l'avion, j'étais dans de bonnes dispositions dès le départ pour apprécier le Japon... Je vais tenter de confirmer cette première impression au restau dès ce soir :)

mardi 16 mars 2010

L'ancienne capitale Silla et le parc de Jirisan

Avant de repartir à la campagne avec ma cousine, je suis resté deux jours à Séoul. Au détour d'une balade à City Hall, je suis tombé par hasard sur la relève de la garde du palais de Deoksugung. Les joyeuses animations en marge de l'évènement tranchaient avec le sérieux des gardes. Devant la porte principale du palais, un stand proposait d'essayer des costumes d'époque. Des types déguisés en gros nounours sautillaient sur place et prenaient la pose avec des touristes japonaises, le tout sur fond de musique militaire. Le soir, nous avons diné dans un restaurant traditionnel qui proposait un hanjeongsik, repas "aux mille banchan", ces petites coupelles qui accompagnent le plat principal. Il n'y en avait peut-être pas mille, mais au moins une bonne trentaine, légumes, fruits de mer, soupes... La serveuse a bien mis cinq minutes à les disposer tous sur la table. Ce fut un régal, comme d'habitude.

Nous sommes donc retournés dans le Sud-Est de la Corée, dans la petite ville touristique de Gyeongju. Il s'agit de l'ancien siège de la dynastie Silla, l'un des trois royaumes qui composaient le pays au premier millénaire. La ville est parsemée de mini-sites historiques. En se promenant, on aperçoit bien vite d'énormes bosses vertes, ce sont les tombes des rois et nobles de Silla. 23 d'entre elles sont disposées dans un parc en plein centre-ville. Plus loin subsiste une tour qui servait d'observatoire, au 7ème siècle, épargnée de la destruction par les Japonais. Tous les autres bâtiments du coin (forteresses, temples, châteaux...) n'existent plus, néanmoins certains ont été reconstruits partiellement dans les années 70 ou 80. Mais la plupart des sites sont simplement signalés par un panneau explicatif, il faut faire travailler son imagination pour se représenter la ville-capitale telle qu'elle était du temps de sa splendeur.

A quelques kilomètres, le temple de Bulguksa se dresse à flanc de colline. Lui aussi a été rasé pendant l'occupation, mais la Corée l'a reconstruit entièrement. Même si le travail archéologique est irréprochable, j'éprouve quelques difficultés à m'immerger dans ces simili-sites antiques, pourtant fort appréciés des touristes. Quelques kilomètres plus haut dans la montagne, un buddha est logé dans une niche rocheuse appelée grotte de Seokguram, entouré de ses gardiens. Le soir, nous sommes allés prendre un verre dans un petit bar à Soju non-loin de notre hôtel. En fait d'hôtel, il s'agit d'une pièce avec deux matelas très fins, les ondols, posés directement sur le sol. Dans ce bar, la serveuse nous a apporté divers snacks pour accompagner les boissons, dont un bol de chenilles. J'ai testé, franchement j'ai pas trouvé ça très bon... Goût et texture de terre. Par contre la copine de Mag avait l'air d'apprécier, ça doit être une question d'habitude ^^

Malgré le mauvais temps, je suis allé le lendemain me balader au parc national de Jirisan. La petite randonnée commençait par la visite d'un temple bouddhiste de Ssangyesa, daté du 8ème siècle (mais, toujours la même histoire, détruit par les Japonais et reconstruit très récemment). C'était lundi, et j'étais cette fois-ci seul dans le temple. Comme le temple de Gu-Insa, Ssangyesa est en plusieurs bâtiments, et le chemin pour accéder à la salle de prière passe par un parcours spirituel symbolisé par trois grandes portes richement décorées. Derrière le temple, un petit sentier dans la forêt permet d'accéder aux chutes d'eau de Buril Popko, à quelques kilomètres de là. Le sentier tortueux et très pentu longe la rivière, les marches sont irrégulières et assez hautes, bref c'est assez sportif ! Le décor est superbe, la fine pluie et la brume ajoutent au charme de la forêt. Le soir je voulais me rendre à Jeonju, ma prochaine destination, mais les plannings des bus en ont décidé autrement, j'ai du faire une étape intermédiaire à Gurye, petite ville au coeur des montagnes.

vendredi 12 mars 2010

Andong, un aperçu de la vie coréenne d'antan

De retour à Séoul après quelques jours d'expédition, j'ai profité de la fin de semaine pour régler quelques problèmes administratifs (billets d'avion, visa, Japan Rail Pass...) et faire quelques restaus avec ma cousine. Ce weekend nous repartons dans le Sud de la Corée, à Gyeongju, capitale de la dynastie Silla pendant le premier millénaire : temples, tombes et
diverses ruines devraient être au rendez-vous.

Andong et sa région, où j'ai passé deux jours en début de semaine, se sont révélées enrichissantes. A une vingtaine de kilomètres de la ville, un petit village traditionnel du 15ème a été préservé, et des familles y vivent en collaboration avec le gouvernement. C'est assez bizarre de voir de grosses voitures stylées devant les antiques portiques des maisons. Au moment de ma visite, ce village, appelé Hanoe, était couvert de neige, et j'étais le seul visiteur avant qu'un bus de touristes Coréen ne me rejoigne. Hanoe compte une centaine de demeures traditionnelles, dont certaines sont visitables.

Elles vont de la modeste maison paysanne au toit de paille à la riche et belle pagode du noble. Des panneaux en anglais, coréen et japonais donnent des détails sur les habitants, les modes de vie et l'architecture. Au centre du village trône un arbre centenaire, c'était apparemment le cas dans tous les villages du coin à l'époque. Il est protégé d'un côté par la rivière, de l'autre par les collines. Des rizières et des petits plans d'eau décoratifs sont entretenus aux alentours immédiats du village... Tout est fait pour favoriser l'immersion du visiteur dans l'ambiance coréenne médiévale, et c'est réussi !

De retour à Andong, j'ai quitté mon hôtel pour marcher une petite heure en direction du barrage d'Andong. L'immense construction a nécessité le déplacement de plusieurs villages. Un village typique (un autre !) a été construit à l'occasion tout près du barrage. Par contre celui-ci est vide, fantomatique, les maisons sont ouvertes aux quatre vents, on dirait le village test nucléaire de "La colline a des yeux". J'y ai trouvé l'ambiance moins prenante qu'à Hanoe, pourtant le site a servi à la réalisation de plusieurs films historiques. Quoiqu'il en soit, un musée du folklore se situe juste à côté, et sa visite vaut le coup. Il n'est pas très grand mais les explications en Anglais sont très fournies. J'ai bien aimé notamment un passage sur les jeux dans les villages d'autrefois. Ces jeux faisaient participer tous les hommes du village, répartis en deux équipes (Est VS Ouest). Des reconstitutions ont lieu de temps à autres dans les festivals en Corée, et le spectacle est impressionnant.

Il m'était impossible de passer à Andong sans enrichir ma culture culinaire, j'ai donc fait deux restaurants. Un diner de maqueraux grillés succulents, et un barbecue coréen le lendemain au déjêuner. L'image présentant le repas montrait trois morceaux de viande de porc, avec un prix affiché de 7000 Won (4,5 €). Ca me paraissait plutôt bon marché et j'ai foncé. C'était super bon, la viande était en quantité plus que correcte, je me suis régalé. Au moment de payer l'addition, le type m'a fait comprendre que 7000 Won était le prix d'un seul bout de viande, correspondant au repas d'une personne normale :/ J'ai donc du payer le repas pour trois, mais franchement ça valait le coup. C'est pas facile la vie quand on ne comprend rien et que les gens ne parlent pas un mot d'anglais :/ Quoi qu'il en soit je valide définitivement la cuisine coréenne :)

Je dédicace ce message à mon appareil photo qui a rendu l'âme. Le pauvre a vraisemblablement mal supporté le passage des 30 degrés indiens au 0 degré coréen. Je l'ai envoyé se faire refaire une santé en atelier et devrais le récupérer dans quelques semaines...

mardi 9 mars 2010

Seoraksan sous la neige et les trésors de Danyang

Dimanche matin, Mag et moi avons visité le parc national de Seoraksan, non loin de Sokcho, dans une ambiance pour le moins polaire. La neige tombait sans discontinuer, ce qui ne semblait pas gêner les nombreux visiteurs Coréens. Vers l'entrée du parc se dresse un gigantesque Buddha, attendant patiemment le retour du beau temps. Les 20 ou 30 cms de neige empêchaient de voir clairement les sentiers, mais nous avons suivi sur quelques kilomètres des traces de pas pour aboutir à des chutes d'eau, avant de rebrousser chemin. En temps normal on peut apercevoir des falaises, des pics rocheux et toute une végétation luxuriante. Cette fois-ci, le brouillard et la neige empêchaient de voir au loin loin mais conféraient au lieu une ambiance calme et plaisante. Nous nous sommes séparés vers 13h, elle pour retourner vers Séoul, moi pour continuer vers le Sud et atteindre la destination suivante, Danyang.

J'ai du prendre 3 bus pour arriver à Danyang. A Jecheon, l'une des étapes, j'ai dégusté un classique mais efficace bibimbap. C'est un plat de légumes et de riz recouvert d'un oeuf au plat, et présenté avec une multitude de petites coupelles contenant des accompagnements. Alors que chez nous le repas tient dans une assiette, en Corée la table est recouverte de mini plats dans lesquels tout le monde picore. Les Coréens sont aussi de grands mangeurs de viande, leurs barbecues sont excellents. Bref, je suis arrivé à destination vers 20h. Danyang est coincée entre une montagne et un grand fleuve qui en fait le tour. J'ai trouvé un hôtel confortable donnant sur le fleuve. Bien sur les prix sont incomparables avec l'Inde, mais pour une vingtaine d'Euros on a une chambre nickel, avec télé, frigo, Internet, chauffage au sol et parfois chauffage dans le lit. A la télé beaucoup de stupidités et de niaiseries, mais aussi des matchs de Starcraft et de Warcraft 3, de quoi scotcher un petit moment :)

A Danyang, j'ai commencé par explorer la grotte de Gosudonggul. Le coin en est truffé et celle-ci était réputée la plus intéressante. Elle s'étend sur un peu moins de 2 kilomètres, qu'on parcourt le long d'escalier et de passerelles métalliques. Certains passages sont tres étroits et nécessitent de faire un peu de contorsionnisme. J'étais absolument seul dans la grotte, ca fait une sensation bizarre. Ce n'est décidément pas la saison des touristes, mais pour visiter une grotte la saison ne change pas grand chose. J'ai pu admirer à loisir les concrétions très bien mises en valeurs, certaines sont sublimes. J'ai fait ensuite un tour le long de la rivière, jusqu'à une extrémité de Danyang ou l'on aperçoit des pics rocheux sortant de l'eau et surmontés d'une petite pagode. Ce matin, avant de partir pour Andong, j'ai visité le complexe bouddhiste de Gu-insa, à 20km de Danyang. C'est une succession de 34 pagodes géantes décorées, construites dans un vallon étroit et pentu. Il s'agit du siège de l'ordre bouddhiste Tien-Ta, prétendant fédérer un million de fidèles. La construction fut amorcée en 1945 et continue de nos jours. Ce mini-village religieux est ultra propre, tout semble neuf et les gens y sont paisibles. Un sentier d'un petit millier de marches escalade l'un des flancs du vallon et mène à la tombe du fondateur. Des fidèles s'y recueillent, l'endroit est situé en haut d'un petit mont offrant un beau panorama enneigé.

Le train m'a conduit à Andong, ou je reste jusqu'à demain avant de retourner à Séoul. Je comptais mettre à profit ma fin d'après-midi pour me rendre au Folk Museum, à quelques kilomètres du centre-ville, mais le bus est passé devant moi sans s'arrêter. Ce bus ne passe qu'une fois par heure, et la pauvre petite mamie qui l'attendait avec moi semblait confuse... Pas de problème, j'irai demain, après ma visite du village folklorique de Hahoe :)

samedi 6 mars 2010

Seoul by night et Sokcho sous la neige

C'est le weekend :) Ma cousine m'a gentiment accompagné à 4h de bus de Séoul, sur la côte Est, dans la petite ville de Sokcho. Après une heure de paysage de zones résidentielles, des tours de béton par centaines, le décor a radicalement changé. Des petites collines boisées sont apparues puis se sont transformées en montagnes couvertes de neige. J'ai même aperçu une piste de ski en passant ! A mesure que nous avancions le brouillard a tout recouvert, et, arrivés à destination, une petite pluie glaciale est venue parfaire l'ambiance de film de guerre. Nous sommes d'ailleurs à quelques kilomètres de la DMZ, zone qui sépare les deux Corées. En entrant en ville, la mer est apparue, et à ma grande surprise nous avons aperçu des malades de surfeurs en combinaison dans la grisaille... Sokcho borde d'un côté la mer, d'un autre côté un parc naturel que nous sommes supposés visiter demain matin. Cet aprem, vu la météo, nous avons fait un petit tour à pied près du port, à la recherche d'un café bien chaud :)

Hier j'ai fait une petite balade dans le quartier de Samcheong, non loin du palais des rois de Séoul. On peut y voir des maisons traditionnelles coréennes, au milieu des nombreux musées (dont le musée de l'art du poulet), restaurants huppés, galeries d'art et magasins d'antiquités. La route passe près de la résidence du premier ministre, hautement gardée, puis grimpe une colline avec un petit parc tout en haut, désert en hiver mais néanmoins charmant. En redescendant j'ai retrouvé la Coréenne avec qui j'avais passé quelques jours à Bombay, Hee-Jung. Elle m'a emmené dans le principal temple bouddhiste de Séoul, le Jogyesa. C'est une grande pagode décorée de peintures retraçant la vie de Buddha et couverte de motifs floraux. A l'intérieur 3 énormes Buddha dorés, et des prières par milliers suspendues au plafond. Nous sommes arrivés pendant une prière. Un moine assis devant les statues récitait un texte (incompréhensible même pour Hee-Jung) et quelques dizaines de coréens méditaient, assis sur des tapis. Le quartier regorge de palais en tous genres, j'y ferai un tour plus approfondi la semaine prochaine.
Hee-Jung m'a ensuite accompagné dans un restau coréen où nous avons mangé une espèce de tourte à la pieuvre en sirotant un alcool de riz pétillant, plutôt agréable :) Plus tard nous sommes allés dans un bar bondé d'étudiants et de jeunes travailleurs, où Mag nous a rejoints. Les restaus sont hyper bien foutus, le service est rapide, sans faille, il y a même des boutons au coin de chaque table pour appeler le serveur. A côté de la caisse, dans notre restaurant, une nana proposait ses services d'arracheuse de cheveux blancs. Les rues du quartier sont très animées à cette heure là, et c'est comme ça tous les soirs d'après mes deux acolytes. Les gens sont beaucoup plus joyeux qu'en journée, ca sent la viande grillée, les lumières des enseignes lumineuses clignotent dans tous les sens. Des petits stands proposent des snacks, sucrés et salés. Sur les façades des immeubles, les écrans géants martèlent leurs pubs débiles. En rentrant en métro, vers minuit, j'ai croisé bon nombre de coréens éméchés. Ils n'ont pas l'air de faire semblant quand ils picolent ici... Il parait que si tu vas en soirée dans un bar ou un restau avec ton patron, tu es obligé de rester jusqu'à ce qu'il s'en aille et tu dois boire tout ce qu'il te sert. Quelles coutumes sympathiques !

jeudi 4 mars 2010

Inde/Corée : le choc !

Et voilà, 2 avions plus tard, me voilà à Séoul :) Je squatte dans le futur-ex appart de ma cousine, dans un quartier très sympa et pas très loin de son boulot. Le changement est radical : ce pays (en tout cas sa capitale) est sur-développé !! Immeubles gigantesques partout, enseignes lumineuses, écrans géants, grandes avenues blindées de voitures neuves... Aucune poubelle sur roues ici comme on en voit en France ! Leur métro est ultra moderne et d'une propreté inquiétante. Par contre les gens sont un peu comme les Français dans le métro, autistes et ne respirant pas la joie de vivre, habillés de couleurs sombres. La seule différence est qu'ils ont tous des super téléphones et qu'ils profitent des trajets pour regarder des vidéos. Bref, je suis passé d'un pays chaud, désordonné, sale et vivant à un autre, pluvieux, moderne et froid. Ça fait tout drôle , j'ai l'impression d'être déjà de retour à la Défense :/ Ici je suis dans mon milieu, personne ne me regarde comme un extra-terrestre.

Il y a des restaus partout, leur bouffe est excellente. Je pense qu'entre ici et le Japon, je vais pouvoir reconquérir la petite dizaine de kilos perdue dans les escaliers indiens. On s'est déjà fait un de leurs fameux barbecues hier soir, avec le grill au milieu de la table et une hotte aspirante juste au-dessus. C'est le pied de manger de la viande, j'avais oublié !! Le midi, c'est à base de soupes ou de salades accompagnées de 7 ou 8 légumes et champignons dans des petites coupelles où chacun pioche. L'appart est super calme, trop calme, mais où sont passés les mecs qui crient dans les couloirs, les prières des mosquées à 5h du mat', les bruits des camions pourris et les chiens qui hurlent à la mort ?
Séoul a son lot de sites touristiques, j'ai commencé par le principal d'entre eux, le palais de Gyeongbokgung. Une visite gratuite en anglais a lieu tous les jours, elle débutait quelques minutes après mon arrivée, j'en ai donc profité. Nous n'étions que 4, autant dire que c'était presque un guide privé :) Le palais fut construit au 14ème siècle par le premier roi de la dynastie Choson, Taejo. Cette lignée dura jusqu'en 1910. Entre temps les invasions japonaises ont détruit le palais qui fut reconstruit au 19ème siècle, et re-détruit encore par les japonais pendant leur occupation du 20ème siècle (1910-1945). Bref il n'en reste plus grand chose, seuls quelques portiques et pavillons royaux subsistent. Le roi avait 500 servantes et 150 eunuques, seuls hommes qui pouvaient rester la nuit au palais, juste pour sa pomme. Comme quoi la mégalomanie n'a pas de frontières.

Dans l'enceinte du palais se trouve le musée folklorique de Séoul. Il est divisé en trois galeries très bien faites : une galerie sur l'histoire de la Corée du Paléolithique à nos jours, une seconde présentant un village coréen du 19ème siècle durant les 4 saisons de l'année, et une dernière retraçant la vie des nobles coréens, la caste des Yangban. Ici aussi, tout est bien huilé, propre, les lumières tamisées, l'agencement des objets, les explications, tout est fait pour rendre agréable la visite, et c'est réussi. Je n'ai pas vu passer l'après-midi :) Aujourd'hui il faisait vraiment trop moche, j'ai préféré rester au chaud à l'appart, je reprends l'exploration demain. J'en profite pour organiser la suite de mon voyage. Ce weekend Mag nous a prévu un petit tour à la montagne pour prendre l'air, s'éloigner un peu de la ruche et, j'espère, découvrir un visage un peu plus pittoresque de la Corée ^^

lundi 1 mars 2010

Une dernière grande ville...

Chennai, ma dernière grande ville avant de partir la Corée. Plus connue sous son ancien nom, Madras, cette cité compte 4 ou 5 millions d'habitants. Contrairement à ce qu'en pense mon guide papier, c'est un endroit agréable et me semble-t-il, assez authentique, tout du moins les quartiers que j'ai visités ces 2 derniers jours. Pourtant c'est vrai qu'il n'y a pas énormément de choses à faire pour les touristes : le musée gouvernemental, quelques temples et le fort Saint George.

Samedi n'était peut-être pas la journée idéale pour visiter le musée : des dizaines de bus ont déversé des centaines d'enfants dans les galeries toute l'après-midi. Un peu compliqué pour se concentrer sur les explications lorsque les charmants bambins hurlent, courent et t'interpellent toutes les 10 secondes. Enfin, c'était le cas pour la galerie Zoologie et pour le Musée des Enfants, par contre étrangement les galeries d'architecture, de botanique et de géologie étaient plus calmes :) Le musée est logé dans un ensemble de superbes bâtiments coloniaux britanniques appelé Pantheon Complex. L'un d'entre eux, inspiré du style Moghol, est somptueux. Il abrite la galerie d'art. Partiellement en travaux, une partie du musée était fermée. Par endroits, les ouvriers travaillent dans des galeries ouvertes au public, les œuvres ou objets exposés ont simplement été poussés sur le côté. Il est alors possible de voir des squelettes d'éléphants et têtes de cerfs empaillées côtoyer les sacs de ciment et les truelles. Dans la Bronze Gallery, un gardien m'a proposé d'échanger ses 1,50 € contre des roupies : c'était encore un de ces prétendus collectionneurs de pièces étrangères qui arrondissent leur fins de mois en demandant des devises à tous les touristes qui passent, puis les changent en monnaie indienne.

J'ai choisi pour une fois de ne pas visiter les temples de Chennai, peut-être à tort, mais je crois que le Tamil Nadu m'a valu une overdose de temples. De toutes façons je n'avais pas le temps de tout faire, j'ai préféré me promener autour du St George Fort, au bord de la baie du Bengale. Rien à visiter à l'intérieur, mais les bâtisses qui l'occupent sont intéressantes en elles-mêmes. Il y a notamment le Secretariat Legislative Assembly, l'église St Mary, et non-loin du fort, la Haute Cour de Chennai. C'est un bâtiment gigantesque de style indo-saracénique daté de 1892, en briques rouges, supposé être le second plus grand bâtiment judiciaire au monde. Sur la photo on n'en voit que le portail, le reste étant partiellement caché par des arbres. D'autres bâtiments dans le même style sont dispersés dans le centre de Chennai, la gare centrale notamment.

Demain je retrouverai ma chère cousine à Séoul, je pense que l'ambiance va changer radicalement... Je compte néanmoins continuer la rédaction du blog de temps à autres :) J'y suis pour 3 semaines environ, ce devrait être suffisant pour une première visite de ce tout petit pays ^^ J'espère juste qu'il y aura moins de moustiques, ici c'est un vrai fléau !