samedi 31 octobre 2009

Camel Fair jours 5 et 6

Le concours de moustache a eu lieu, c'était surtout à qui aurait la plus longue... Le type sur la photo aurait mérité un double award pour les concours de turban et de moustache ! Hier soir je suis allé faire un truc illicite avec l'ami indien que j'ai rencontré ya quelques jours, celui qui a sa nana en France : boire une bière. Et oui, l'alcool est interdit ici, et si l'on considère qu'une bière est de l'alcool, nous étions des déliquants. On l'a bue sur une terrasse, en faisant attention à éteindre dès que quelqu'un d'une autre terrasse pouvait nous apercevoir... Il m'a expliqué que dans le Gujarat, prochain état que je visite après le Rajasthan, l'interdiction ne se limite pas aux villes saintes. Ca promet !

Aujourd'hui j'ai assisté à la course de femmes portant des pots d'eau sur la tête, marrant, et à l'affrontement Indiens / touristes au jeu du cassage de pot en haut d'une perche. Principe : réaliser une pyramide humaine pour atteindre un pot placé en hauteur et le casser avant l'autre équipe. Pour le coup ce sont les Indiens qui ont gagné, et facilement. Les pauvres blancs, pour l'honneur, ont quand même cassé le pot 3 minutes après la victoire des locaux...


Cet après midi je suis monté au temple de Savitri, l'épouse de Brahma qui serait à l'origine de la perte de popularité de ce dernier : elle aurait fait le voeu, après que Brahma a épousé une autre, qu'il ne soit plus jamais vénéré ailleurs qu'à Pushkar. Bref, l'ascension était comme prévu plus rude que la dernière fois, des lépreux tout au long du chemin font la manche. Cette fois-ci les visiteurs étaient nombreux, je n'ai pas réussi à être tranquille pendant plus de 5 minutes, toujours quelqu'un pour venir me saluer. Sans blaguer, j'ai du serrer la main à plus de 100 personnes en l'espace d'1h30, c'est dur la vie d'européen ! Arrivé au temple, on constate qu'hormis les chèvres, assez banales, il y a plein de petits singes qui essaient de grignoter ce qu'ils trouvent par terre. L'endroit offre une superbe vue sur Pushkar. J'ai pu m'apercevoir que la très grande majorité des troupeaux étaient partis, la fête se terminant bientôt.
On ma dit que demain, jour de pleine lune, la ville serait blindee. Apres, Pushkar devrait redevenir la paisible petite ville de province ;)

jeudi 29 octobre 2009

Camel Fair jour 4

Enormément de monde dans les rues aujourd'hui, certainement à cause de la marche spirituelle à laquelle je n'ai, comme annoncé, pas participé. Par contre je l'ai vue passer au bas de mon hôtel, un long cortège très coloré avec quelques attelages et déguisements (singe, shiva etc...). Le propriétaire leur a balancé des monceaux de pétales sur la tête. D'ailleurs la rue principale de Pushkar en était jonchée. Un peu plus tard vers 10h30 j'ai assisté au match de Kabbadi. Deux équipes de 7 ou 8 joueurs s'affrontent et essaient, chacune son tour, de toucher un territoire situé au fond du camp adverse, sans se faire mettre à terre par les adversaires qui doivent impérativement rester dans un certain périmètre. Ca se termine souvent en lutte, c'est rigolo. Le match a duré 1/2 heure, les touristes ont, comme toujours, gagné. A deux reprises j'ai du gentiment repousser les attaques de petites mains de 5 ou 6 ans qui tentaient d'atteindre le fond de mes poches pendant l'euphorie générale.


En dehors de ça la journée fut plutôt calme, j'ai pas fait grand chose à part regarder les prestations des chameaux et des chevaux dans le stade. Parfois il y a d'autres mini animations, comme des gosses qui passent dans des cerceaux ou qui font l'équilibre sur un fil avec des pots sur la tête. En fin de journée un Indien est venu se poser près de moi. Habitant Udaipur, où j'irai dans quelques temps, il prenait des cours de français avec l'Alliance Française et se trouvait tout content de pouvoir pratiquer. Il m'a appris que sa copine était française et vivait à Briançon, ce qui le motivait à travailler la langue. Il m'expliquait que son frère réalisait des peintures traditionnelles miniatures et qu'il exposait pendant la Camel Fair, je lui ai donc proposé de passer le voir. Les peintures, sur soies ou sur os de chameau, étaient impressionnantes de finesse. Le frangin m'a expliqué toute la technique, très intéressant. J'avais vu des tableaux similaires au National Museum de Delhi. J'en prendrai peut-être une petite avant la fin du festival et je lui ai promis de repasser discuter.

Demain, deux concours que j'attends avec impatience : le concours de turban et le concours de moustache :D En parlant de poils, deux personnes ont tenté de me vendre des rasoirs aujourd'hui, il faut que je fasse quelque chose. Tiens, une coupure de courant.

mercredi 28 octobre 2009

Camel Fair jour 3

L'avenir appartenant aux lève-tôt, je me lève de plus en plus tôt :D Ce matin levé à 8h pour assiter à la course de chameaux qui se déroulait à 10h au stade olympique de Pushkar. Ptit déj classique (toasts au miel et black tea) et douche chaude - quel bonheur - avant de bouger au stade. En chemin je rencontre mon escorte d'hier qui se rendait ailleurs, je dis bonjour à 2-3 gars qui me hèlent, la routine quoi. Au passage, à 9h30 il fait déjà bien chaud, je n'ai toujours pas vu le moindre nuage depuis que j'ai atteri. Le course était courte mais rigolote. Ca ressemble à rien un chameau au galop. Cette fois-ci encore, impossible pour moi de déterminer le duo vainqueur. Cette fois-ci je me suis mis un peu en retrait dans les gradins, entre deux sadhus pour ne pas être harcelé par les vendeurs. Pour info, les sadhus c'est les espèces d'ascètes qui ont renoncé à la vie matérielle et qui ressemblent à Shiva (peau couverte de cendres, cheveux et barbe longs et emmelées), appartenant à diverses sectes et tout maigrichons. Au moins ceux-là personne ne vient leur demander d'argent, ils sont même particulièrement respectés.

Ensuite venait la danse des chameaux, de là où j'étais j'ai eu l'impression qu'il ne se passait pas grand chose, du coup j'en ai profité pour m'évader vers une colline que j'avais reperée non loin de Pushkar. Au sommet se trouve un petit temple tout simple à partir duquel on a une superbe vue sur toute la ville. Il m'a fallu 15 minutes pour y grimper, j'étais tout seul, je suis resté 1 ou 2h à contempler la vue à l'écart de la frénésie du festival. En descenant je me suis pris une salade de fruit dans un restau. Je mange végérarien, comme tout le monde ici étant donné que Pushkar est une ville sainte. Il existe un temple jumeau sur une autre colline, légèrement plus difficile d'accès que le premier. Je me le garde pour plus tard.

Ce soir je suis allé faire un tour à la fête foraine, malheureusement les 4 grandes roues étaient fermées pour une raison obscure, je remets ça à demain. Le programme du festival annonçait des danses indiennes sur la grande scène dressée dans un coin du stade, j'y suis passé après un excellent diner dans mon restau préféré, vers 20h. Point de danse indienne, à la place, la pitoyable élection de miss non-indienne. Une espèce de star academy au camping de la plage. J'ai quand même tenu 20 minutes, l'ambiance à cette heure est d'autant plus triste que les touristes sont logés dans des enclos proches de la scène, alors que les Indiens doivent se tenir à 30 mètres de là, derrière deux rangées de barrières et de flics pour éviter les vols. Comment corrompre un authentique et millénaire rassemblement de marchands en mascarade pour occidentaux en manque de sensations fortes... bref c'était pas ma tasse de thé ! Demain, au programme, marche spirituelle à 8h du mat', je passe mon tour, et "Kabbadi Match" à 10h, j'irai voir ce que ça donne, j'ai aucune idée de ce que c'est !

mardi 27 octobre 2009

Camel Fair jour 2

Première compétition a la Camel Fair aujourd'hui : la décoration de chameaux. Le contest avait lieu dans une sorte de stade juste à côté des marchés aux bêtes. Dès mon arrivée, un jeune Indien avec qui j'avais vaguement discuté hier est venu s'installer à mes côtés, dans les gradins. Nous avons passé quelques heures ensemble, il habite dans un campement de tentes à côté de Pushkar. Il m'expliquait qu'il parlait bien anglais parce qu'un professeur anglais est venu quelques années enseigner à Pushkar et que ça l'avait aidé à s'en tirer. Il avait l'air fier, compte tenu de son milieu d'origine, d'en etre arrivé à pouvoir cotoyer des étrangers.

La compétition en elle-même n'était pas terrible, juste une dizaine de chameaux alignés qui n'ont pas ou peu bougé pendant 1/2 heure, je n'ai même pas compris quel chameau avait gagné. Mais l'ambiance est sympa, malgré la chaleur et la poussière qui se font très présents. Je commence à être bien pris d'allergies, entre la poussière de mon lit et celle de l'exterieur c'est un peu tendu. Je bénis chaque jour les cieux d'avoir pris une taie d'oreiller à Paris, ainsi que mes boules quies. Vers 5 heures tous les matins ça commence, des cris, des chants et des cloches autour du lac. Ma chambre donnant sur le dit lac, je suis content de pouvoir rester au calme encore quelques heures. Mes lèvres sont dessechées la plupart du temps, j'ai achété un baume qui marche plutôt bien. Cela reste des désagréments mineurs qui ne gâchent en rien la magie du lieu.

Avec le type et un de ses amis on a fait le tour des marchés aux bestiaux, du moins ceux que je n'avais pas fait hier, chevaux et buffles/vaches.

Finalement ils m'ont emmené déjeûner dans l'une des innombrables tentes, où les clients m'ont regardé comme un extraterrestre. J'ai mangé des espèces de boules de pains qu'on rompt avant de tremper dans une sauce épicée aux lentilles, super bon :) Vu qu'ils étaient cool je leur ai payé le repas, ils m'ont fait promettre de passer les voir dans leur campement pour boire le chai (thé + lait) avec eux, on verra ^^ A côté des marchés se trouve un parc d'attraction qui ouvre tous les soirs, je pense que j'irai faire un tour demain soir. En attendant, je vais prendre le petit thé de fin d'après midi sur le toit de l'hôtel :) Je ne peux vous envoyer de photo du lac pour le moment, il est interdit d'en prendre pendant la Camel Fair, qui est aussi une fete religieuse. Dans quelques jours cette restriction n'aura plus lieu d'etre...

lundi 26 octobre 2009

Camel Fair jour 1

Aujourd'hui les rues de Pushkar sont bondées de monde, de la musique partout, la Camel Fair a commencé. De jour le coin est beaucoup plus animé, et par ailleurs j'ai pu constater que le lac était quasiment à sec. Ce qui corrobore ce que m'a dit un Indien sur la sécheresse inhabituelle cette année. Cette petite ville sacrée (15000 habitants en temps normaux, + 200 000 pendant le festival) abrite le seul temple indien dédié à Brahma, le Dieu créateur tombé en désuétude au fil des années au profit de Vishnu et Shiva. J'irai le visiter lorsque le festival sera terminé, la file d'attente m'a découragé.

Je me suis permis une bonne grasse mat pour recharger les batteries, du coup j'ai loupé le spectacle de danse des écolières :/ Tant pis, il y en aura d'autres : le programme de la semaine annonce dès demain un concours de décoration de chameau, après demain course et danse de chameaux et de chevaux, danse classique le soir... je garde le reste pour plus tard vous verrez qu'il y a de tout :p En cherchant mon chemin vers l'endroit où les chameaux sont exposés, j'ai sollicité un Indien (les rôles s'inversent pour une fois :p) qui m'a très gentiment amené dans son champ, en bordure du marché aux chameaux. Il vivait à Pushkar et n'avait vraiment pas l'air emballé par le festival, trop de monde, trop d'agitation à son goût. La petite maison où il vit avec ses parents et ses 2 frères consiste en un cube de béton de 15 m², au beau milieu du champ. Il ne m'a rien demandé en échange et m'a juste souhaité bon voyage, rafraîchissant !

Son champ dominant le marché, j'ai pu bien me rendre compte de son étendue. Je ne me suis pas amusé à compter les 4000 chameaux mais je suis sur qu'ils y sont. Un peu plus loin se trouve le marché aux chevaux, j'irai y faire un tour demain. Il fait très chaud ici, le sol est en sable, bref, on est proche de la définition du désert.

Arrivé sur le marché je me suis promené tranquillement en prenant des photos par-ci par-là, esquivant les types qui me demandaient de l'argent en échange des photos. Parfois ça peut servir de faire semblant de pas comprendre :D Certains chameaux sont très décorés (ils doivent se préparer pour le concours de demain), certains sont très foncés, il y en a de toutes tailles... L'entrée non-officielle par laquelle je suis entré sur le marché débouche sur une zone très calme, où les vendeurs prennent le thé par petits groupes. Lorsqu'on se rapproche de l'allée centrale, plus proche de la ville, on retombe sur les boui-boui habituels (vente de saris, de bijoux, de boissons etc...).

Regardez cette photo. Qu'y voyez-vous ? Une brochette de jolies petites indiennes innocentes et colorées ? Moi aussi. En fait, ce sont 5 arnaqueuses professionnelles en bande organisée. Malgré ma vigilance je suis tombé dans le panneau. Après m'avoir demandé d'où je venais, comment je m'appelais enfin le bla-bla habituel, l'une d'entre elle m'a aggrippé la main et commencé à me faire un dessin au henné. Une fois que c'était parti je ne pouvais plus dire non... ceci dit, c'était la première fois que des nanas m'adressaient la parole, ça m'a déconcerté pendant 10 secondes et elles se sont engouffrées dans la brèche. La chef des 5 m'a demandé la somme exorbitante de 500 roupies pour le dessin fait en 5 minutes, je lui ai donné 80 roupies ce que je trouvais déjà démesuré, mais bon, deux trois types me regardaient intensément pendant la scène, j'ai préféré la jouer secure. En chemin le même numéro s'est reproduit 2 ou 3 fois, mais j'avais compris le truc et on ne m'y reprendra pas, et puis maintenant j'ai une jolie mimine :D

dimanche 25 octobre 2009

Agra-Pushkar, le jour le plus long

Je suis arrivé à bon port !! Ce matin, debout à 5h pour prendre le train de Jaipur à 6h15. 6h15, pas de train. 1 heure d'attente, 2 heures, 3 heures... ah ! le voilà qui arrive avec 3 heures de retard. Normal. Ceci étant, ces 3 heures sont passées vite. Pendant la première heure j'ai discuté avec un Indien désireux de parfaire son anglais, avec moi il était mal barré mais ça ne l'a pas freiné. Deux françaises de mon âge, un peu déboussolées sont venues me demander si c'était le bon endroit pour prendre le train pour Jaipur. Il s'avère qu'elles allaient au même endroit que moi, à Pushkar, du coup on a squatté ensemble jusqu'au départ du train.

J'ai maintenant compris pourquoi la "Sleeper Class" était si peu chère. Cette fois-ci, point de fauteuil personnel ni de collation. Par contre, pour ce qui est de la proximité c'est réussi ! On était 5 sur une banquette pour 3. Du coup j'avais une demie-fesse dans le vide, au bout de 2 heures de voyage ca commençait à picoter. En Sleeper Class les gens sont partout : dans le couloir, sur les banquettes bien-sûr, mais aussi au-dessus de votre tête sur des lits suspendus. Des vendeurs passent régulièrement proposer thé, eau, gâteaux, chips... Heureusement, une ou deux personnes de mon compartiment sont descendues, j'ai pu me caler entre deux grands-mères dodues et dormir enfin un peu. Ca promet pour les prochains voyages !

A 14h30 nous sommes arrivés à Jaipur, où je devais prendre un bus pour Ajmer, ville desservant Pushkar. Depuis le matin le décor évoluait petit à petit vers le jaune aride. Toujours aussi plat, mais avec des cultures moins abondantes, des ânes et des chameaux commençant à faire leur apparition.

J'ai déjeuné rapidement avec mes deux nouvelles amies puis nous nous sommes séparés : elles voulaient rester sur Jaipur quelques jours avant d'aller à Pushkar. C'était marrant de trainer avec elles, les femmes indiennes arrêtaient pas de leur parler beauté, cheveux et compagnie, de les toucher, alors qu'en tant qu'homme jamais une femme ne s'approchera de toi de la sorte. Par contre le pauvre duo était la cible incessante des petits arnaqueurs, elles devaient avoir la tête de l'emploi. Elles m'ont avoué s'être fait balader pendant toute une journée à Delhi à leur arrivée, dans des faux offices de tourismes etc...

Me dirigeant vers la rue où j'étais supposé réserver un billet de bus pour Ajmer, j'ai eu trop de chance en tombant sur un bus qui justement y allait sur-le-champ, pour un prix moindre que ce que le guide indiquait. L'ambiance à l'intérieur était excellente (bon ok on voit rien sur la photo), musique indienne à fond, blindage du bus jusqu'à ce que vraiment il n'y ait plus moyen de caser personne. Le mec conduisait comme un dingue, sur l'autoroute ça allait encore mais sur les nationales j'avais l'impression qu'il jouait à celui qui se range en dernier, toutes les 20 secondes. Flippant. J'ai longuement discuté avec un indien qui faisait un MBA de finances, très sympathique.

On s'est arrêté prendre un petit thé sur ce qu'on pourrait appeler une aire d'autoroute indienne. A mesure qu'on approchait d'Ajmer des collines toutes rondes sorties de nulle part apparaissaient, puis des petites montagnes. La nuit est tombée alors qu'on arrivait à destination. La, re-belote, j'ai marché jusqu'aux bus qui menaient à Pushkar (je commençais vraiment à être K.O) et pour la ridicule somme de 9 roupies nous avons parcouru les 11 kilomètres de montagne qui séparent Ajmer de PUshkar. Arrivée 20h. Après avoir esquivé les traditionnels vendeurs d'hôtels ultra-compétitifs-de-toutes-façons-vous-verrez-vous-trouverez-pas-mieux-tout-est-complet-ailleurs, je me suis installé dans un hôtel donnant sur le lac de Pushkar. J'ai fait un tour rapide du coin, c'est propre, personne n'essaye de vous refourguer des trucs, il y a des petits temples dans tous les coins, en somme très charmant. J'ai mangé un dosa dans un excellent restaurant et ça allait tout de suite beaucoup mieux. Je vous en dirai davantage demain lorsqu'il fera jour, en attendant, je file au lit, je dois être en forme pour la Camel Fair demain :)
PS : j'ai mis une petite photo de ma trombine, n'ayant pas pris grand chose aujourd'hui il faut bien remplir le blog :p

samedi 24 octobre 2009

Matinée au Taj Mahal

Nous y voilà ! Je me suis levé avant le soleil ce matin, mon alarme était positionnée sur 5h15 pour avoir le privilège de contempler les fameuses 4 couleurs du Taj Mahal. L'alarme fut inutile, j'ai ouvert les yeux à 5h au moment où les hauts parleurs d'Agra se sont mis à beugler les prières coraniques.

La distribution de tickets d'entrée se fait aux trois portes du Taj. La porte Ouest était la plus accessible à partir de mon hôtel, j'étais un des tout premiers à obtenir le Sésame. Peu de temps après mon arrivée des centaines de touristes, en majorité Indiens, se sont accumulés derrière moi. Le prix est elevé, 750 roupies soit une dizaine d'Euros, mais ça reste l'attraction nationale number 1. Vers 6h15, ouverture des portes, il faut alors passer le drastique cordon de sécurité (portail + fouille). Le moustachu de service fouille mon sac, 1 fois, 2 fois, 3 fois et finalement brandit ma minuscule lampe torche qui se trouvait là par hasard. Il m'explique que c'est interdit et que je dois la remettre à la Locker Room 500 mètres en amont de la file d'attente :/ J'ai tenté de négocier, mais il a aperçu les oreillettes de mon Ipod et m'a fait comprendre que ça non plus, on n'y avait pas droit. Dégoûté, j'ai filé déposer mon sac (hop encore 20 roupies), et un gentil garde qui m'avait vu partir m'a permis de rentrer à nouveau sans re-poireauter. Ouf.

Une énorme porte mène au monument, et déjà des centaines de touristes sont amassés à cet endroit où on l'aperçoit pour la première fois de près. Le soleil se levait tranquillement et le marbre était teinté d'un rose pâle et diffus. Le Taj est immense, installé sur un gigantesque parvis en marbre. Sur chaque côté se trouve un bâtiment en grès rouge, la mosquée à gauche, et un hôtel pour recevoir les visiteurs (de l'époque bien sûr) à droite. Derrière le Taj coule la rivière Yamuna.

L'histoire est connue : un empereur Moghol, Shah Jahan, l'a fait construire en 1631 pour sa défunte et seconde femme. Les travaux durèrent 20 ans et employèrent 20000 ouvriers. Le gentil fiston de Shah Jahan, Aurangzeb, prit le pouvoir peu après la fin des travaux. Il emprisonna son papa dans le fort d'Agra jusqu'à la fin de ses jours puis l'enterra près de sa femme, sous le dome gigantesque qui caractérise le Taj Mahal. Une légende prétend qu'il aurait fait enfermer son père parce que ce dernier avait un projet démentiel : construire un Black Taj Mahal de l'autre côté du fleuve Yamuna, en marbre noir. Ca paraît un peu pipeau mais bon pourquoi pas.

Petite pause pendant une coupure de courant (très fréquentes ici), et je reprends.

Le tombeau en lui-même est impressionnant : une enceinte en marbre de 4 ou 5 mètres de diamètre, creusée afin de laisser passer la lumière et inscrustée de 43 types de pierres semi-préciseuses différentes, protège les tombes de l'empereur et sa femme. En réalité, ils reposent dans une salle qui se trouve plusieurs mètres en dessous. Absolument tout est en marbre blanc semi-translucide, ce qui fait que le bâtiment prend légèrement la teinte des rayons du soleil à chaque heure de la journée (d'où les 4 couleurs du Taj). Aux quatre coins du parvis se dressent quatre minarets, très légèrement inclinés vers l'exterieur (effet du temps ou protection anti-sismique). Les portes latérales sont inscrustées de pierreries déclinant des versets du Coran, de même sur les murs intérieurs du mausolée.

J'y ai passé 3 heures : bien qu'il soit possible d'en faire le tour rapidement, la luminosité changeante et les infimes détails incitent à l'observer longuement. Le chemin qui mène au Taj à partir de la grande porte donne de part et d'autre sur des jardins du type de ceux que j'avais déjà rencontré dans d'autres bâtiments Moghols. J'en ai profité pour regarder grosso modo la suite du voyage. Quand je suis parti le Taj commençait vraiment à être surpeuplé, j'ai bien fait de me fouetter pour me lever tôt.

Demain je prend le train direction Jaipur à 6h15, je comptais y rester quelques jours mais finalement je vais prendre un bus pour Ajmer, puis un second pour Pushkar. J'ai en effet appris dans un journal que la Camel Fair, la célèbre foire aux chameaux, commençait lundi :) Je retournerai plus tard à Jaipur, j'ai prévu de passer 1 semaine et demie / 2 semaines à Pushkar. Le Taj Mahal, ça c'est fait !